Mauricie · Québec
Le Saint-Laurent
Trois-Rivières
De Granby au confluent du Saint-Maurice : une ville fondée en 1634, un pont de deux kilomètres et demi, et trois chenaux qui lui ont donné son nom.
Fondée en 1634
Granby → Trois-Rivières → Granby
Deuxième plus ancienne ville du Québec, après Québec. Le sieur de Laviolette y bâtit une habitation le 4 juillet 1634, sur le plateau qui domine le confluent.
149 000 habitants
Mauricie · Québec
Neuvième ville du Québec par la population, chef-lieu de la Mauricie, à mi-chemin exact entre Montréal et Québec.
Le fleuve
tout mène
au confluent
Granby → la 20 jusqu’à Drummondville
puis la 55 vers le nord
et le pont, au-dessus du fleuve
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- une étape du voyage
- l’aller, vers le fleuve
- le retour, vers Granby
- le Saint-Laurent

Le départ
Granby, km 0Le compteur passe les 50 000 km ce matin-là. Trois cent quatorze kilomètres d’autonomie annoncés au tableau de bord : largement de quoi faire l’aller sans y penser, et le retour avec une recharge.
Ce qu’on emporte
Un carnet, un appareil, et de quoi marcher toute la journée : Trois-Rivières se visite à pied.
Granby → Trois-Rivières
138 kmL’autoroute 20 vers l’est, puis la 55 vers le nord. Une heure trente sans arrêt.
Cap au nord
A-20 puis A-55
Le trajet quitte les Cantons-de-l’Est pour la Mauricie : les collines s’aplatissent à mesure qu’on approche du fleuve.
Où c’est
46° NTrois-Rivières est sur la rive nord du Saint-Laurent, à mi-chemin exactement entre Montréal et Québec.
Par où on passe
Drummondville, puis Bécancour, puis le pont. Le trajet ne quitte l’autoroute qu’une seule fois.
À pied, une fois arrivé
le vieux quartier
Tout le centre historique tient dans un carré de quelques rues : on gare la voiture et on ne la reprend plus de la journée.
L’Autoroute de l’Énergie
Autoroute 55, vers le nordÀ l’entrée de la ville, un panneau donne le ton. Trois-Rivières se présente comme la ville aux mille coups de cœur — une devise qui en dit long sur une ville qui a beaucoup à montrer et peu de monde pour le savoir.
Capitale mondiale du papier
Trois-Rivières s’est proclamée capitale mondiale du papier en 1922. Les usines bordaient le Saint-Maurice ; l’une d’elles est devenue Boréalis, le centre d’histoire de l’industrie papetière.
La plus grande du monde
1926L’usine de la Canadian International Paper, huit machines et plus de 2 000 employés, produisait 700 tonnes de papier par jour. Son papier journal partait vers les grands quotidiens américains, dont le New York Times.
Autoroute de l’Énergie
La 55 porte ce nom parce qu’elle mène aux barrages de la Mauricie, en remontant le Saint-Maurice.
La Mauricie
Toute la région tire son nom de la rivière Saint-Maurice, qui descend du nord jusqu’au fleuve.
Les cheminées
De loin, la ville s’annonce par ses cheminées d’usine. La papeterie a dessiné sa silhouette pendant un siècle.
Le Saint-Maurice
563 km
La rivière descend du réservoir Gouin, deux cents kilomètres à l’ouest du lac Saint-Jean, et forme un delta en arrivant au fleuve.
Le pont Laviolette
Au-dessus du Saint-LaurentSa travée centrale monte en arc pour laisser passer les navires : c’est une voie maritime, et les cargos qui remontent vers les Grands Lacs passent dessous. On le franchit dans un sens le matin, dans l’autre le soir, et entre les deux il y a une ville.
2 707 mètres
Charpente métallique, ouvert en 1967. La travée centrale laisse passer les navires de la voie maritime.
20 décembre 1967
Trois-Rivières ↔ Bécancour
Construit de 1964 à 1967, le pont a remplacé le traversier qui reliait les deux rives. C’est le plus long pont à structure métallique du Québec.
Avant le pont
Il fallait prendre le bac, et attendre son tour. Le pont a relié la rive sud d’un seul trait.
Le seul
Entre Montréal et Québec, aucun autre pont ne franchit le Saint-Laurent. Celui-ci, ou un long détour.
La voie maritime
La travée centrale s’élève au-dessus du chenal navigable : les navires passent dessous sans ralentir.
Bécancour
rive sud
De l’autre côté, la rive sud et son parc industriel. Le pont met les deux rives à cinq minutes l’une de l’autre.
La rue des Forges
Le vieux Trois-RivièresC’est le cœur du quartier historique, celui qui a brûlé le 22 juin 1908 — un incendie qui a emporté la moitié de la ville et dont les panneaux du centre racontent encore l’heure par heure. Ce qu’on voit aujourd’hui a donc pour l’essentiel été rebâti après, ce qui explique la brique et les corniches du début du XXe siècle.
Le vieux Trois-Rivières
Le quartier ancien tient en quelques rues, entre la rue Notre-Dame et le fleuve. Il se traverse à pied en un quart d’heure.
L’été, sans voitures
La rue des Forges se ferme à la circulation à la belle saison : les terrasses prennent toute la chaussée.
Le 22 juin 1908
L’incendie a détruit une grande partie du vieux Trois-Rivières. Les panneaux de la place racontent la journée, heure par heure.
Les murales
Des fresques peintes racontent la ville sur les grands murs aveugles du centre.
Le fer avant le papier
Le métal des Forges partait par le fleuve jusqu’à l’arsenal de Rochefort, en France.
Maurice Duplessis
né ici le 20 avril 1890
Premier ministre du Québec de 1936 à 1939, puis de 1944 jusqu’à sa mort en 1959, il était de Trois-Rivières.
Les Forges du Saint-Maurice
1730 – 1883
La rue porte le nom de la première industrie sidérurgique du Canada, fondée par lettres patentes royales en 1730. On y coulait des poêles, des chaudrons et des socs de charrue. Le site est lieu historique national depuis 1973.
Le Nouvelliste
1920Le quotidien de la ville a été fondé le 30 octobre 1920. Il paraît toujours.
Les devantures
Sous les enseignes récentes, les façades du début du siècle sont restées : on lit les deux époques d’un seul coup d’œil.
La cathédrale de l’Assomption
Rue BonaventureElle abrite 125 verrières de Guido Nincheri, comptées parmi les plus belles du Canada. Elles ne se voient pas de la rue : ce que montrent ces photos, c’est la pierre grise, le cuivre vert des flèches, et le portail.
Devant elle se dresse le monument à Mgr Louis-François Laflèche (1818-1898), deuxième évêque de Trois-Rivières — un socle peuplé de figures allégoriques en bronze qui porte la devise Pro aris et focis.
Victor Bourgeau
1854 – 1858
L’architecte a donné à la cathédrale ses formes néogothiques anglaises : soixante-quatre mètres de long, vingt-six de large, un plan en croix latine.
Néogothique anglais
La voûte en arc brisé et les contreforts viennent du gothique d’Angleterre, pas de celui de France.
125 verrières
Guido Nincheri a signé les verrières de la cathédrale. Elles ne se voient que de l’intérieur.
Rosa Mystica
Le programme des verrières, voulu en 1925, est tout entier consacré à la Vierge.
Soixante-quatre mètres
64 mLa nef fait soixante-quatre mètres de long sur vingt-six de large, sur un plan en croix latine.
Guido Nincheri
Le maître verrier d’origine florentine a signé ici le plus vaste ensemble de verrières sorti de son atelier.
Ce qu’on ne voit qu’à l’intérieur
De la rue, la cathédrale est une masse de pierre grise. Les cent vingt-cinq verrières ne se lisent que depuis la nef, à contre-jour.
Le sanctuaire du Cap
Cap-de-la-Madeleine
À l’autre bout de la ville, le sanctuaire Notre-Dame-du-Cap reçoit plus de cinq cent mille pèlerins et visiteurs par année.
Devant la cathédrale
Le monument occupe le parvis : on ne peut pas entrer sans passer devant.
Le parc Champlain
Au centre de la villeÀ deux pas, le Musée POP — le musée québécois de culture populaire. Ses six expositions simultanées et sa réserve de 70 000 objets racontent le quotidien plutôt que les grands hommes, ce qui est plus rare qu’il n’y paraît. Le musée occupe aussi la vieille prison, restée en service jusqu’en 1986.
Le poumon du centre
Le parc Champlain occupe un carré entier au milieu de la ville, entre la cathédrale et l’hôtel de ville.
Des poèmes dans la rue
1985Depuis 1985, le Festival international de la poésie sème des poèmes dans toute la ville, chaque automne.
FestiVoix
À la fin de juin, la musique prend le centre-ville pendant dix jours.
Autour du square
Cafés et terrasses bordent le parc ; c’est là que la ville se donne rendez-vous.
La vieille prison
1822 – 1986
Elle a enfermé des détenus pendant cent soixante-quatre ans. Elle fait aujourd’hui partie du Musée POP, consacré à la culture populaire québécoise, et se visite avec un guide.
Le Musée POP
Un musée de société consacré à la culture populaire québécoise, installé dans le même ensemble que la prison.
La visite guidée
On entre dans les cellules avec un guide ; d’anciens détenus ont raconté les lieux.
Le soir au parc
Les lampadaires s’allument tôt en automne, et le square reste traversé jusque tard.
L’université
1969L’Université du Québec à Trois-Rivières a été fondée en 1969 ; son campus est en ville et lui donne sa population étudiante.
L’amphithéâtre Cogeco
au confluent
Trois mille cinq cents places assises et cinq mille cinq cents sur la pelouse, à l’endroit précis où le Saint-Maurice rejoint le fleuve.
Une pause
On s’assoit sur un banc du square le temps de laisser passer l’averse, et la ville continue autour.
La ville qui se souvient
Plaques, monuments et panneauxLe site était fréquenté bien avant : les peuples autochtones s’y retrouvaient pour commercer, au confluent du Saint-Maurice et du fleuve. Laviolette a bâti son habitation sur le Platon, le plateau surélevé qui domine l’eau.
Les plaques racontent tout cela, et le reste : Benjamin Sulte l’historien, Maurice Duplessis l’enfant du pays, l’église paroissiale du bois à la pierre, les premiers colons. C’est une ville qui écrit sa propre histoire sur ses murs.
4 juillet 1634
fondée par Laviolette
Trois-Rivières est la deuxième plus ancienne ville du Québec, après Québec. Bientôt quatre siècles au même endroit, sur le même promontoire.
Pourquoi « trois rivières »
Le Saint-Maurice se divise en trois chenaux avant de se jeter dans le fleuve. Ce sont eux, pas trois rivières, qui ont donné son nom à la ville.
Deux îles, trois chenaux
Le Saint-Maurice se divise en trois bras avant de rejoindre le fleuve : deux îles allongées fendent le courant. Les Français y ont vu trois rivières, et le nom est resté.
Quatre siècles
Fondée en 1634, la ville approche des quatre cents ans. Les plaques du vieux quartier en font la chronologie à ciel ouvert.
Les Ursulines
1697Arrivées en 1697 pour ouvrir la première école de la ville, elles occupent le même monastère depuis : une des plus anciennes institutions habitées sans interruption en Amérique du Nord.
139 163 habitants
recensement de 2021
La ville actuelle est née en 2002 de la fusion de six municipalités : Trois-Rivières, Cap-de-la-Madeleine, Trois-Rivières-Ouest, Sainte-Marthe-du-Cap, Saint-Louis-de-France et Pointe-du-Lac.
La rue des Ursulines
La plus ancienne rue de la ville, pavée et bordée de maisons de pierre. Elle a échappé au grand incendie.
Le Grand Prix
1967Depuis 1967, des voitures de course tournent chaque mois d’août sur un circuit tracé dans les rues du centre : une des plus anciennes courses urbaines d’Amérique du Nord.
Le musée des Ursulines
Le monastère abrite son propre musée : on visite la chapelle et les salles où l’on enseignait.
Avant et après 1908
rue Notre-Dame
Les maisons de pierre alignées le long de la rue racontent l’avant-incendie ; le reste du centre a été rebâti après.
Lire les murs
Presque chaque façade du vieux quartier porte sa plaque : on avance de dix mètres et on change de siècle.
Le parc portuaire
Au bord du Saint-LaurentLes panneaux du quai racontent ce que fut ce port : le bois, le papier, les traversiers qui reliaient les deux rives avant 1967. Le pont les a tous remplacés — c’est la même histoire partout sur le fleuve.
C’est ici qu’on s’arrête le plus longtemps. Il y a des bancs, du vent, et l’un des rares endroits au Québec d’où l’on voit le Saint-Laurent de plain-pied, sans falaise entre lui et soi.
Avant le pont
Des traversiers reliaient les deux rives jusqu’en 1967. Les panneaux du quai en gardent la trace.
Boréalis
L’ancienne usine de filtration de la papeterie est devenue le centre d’histoire de l’industrie papetière. On visite jusqu’aux voûtes en sous-sol.
Le parc portuaire
Une promenade longe le fleuve sur toute la façade de la vieille ville, du quai jusqu’au port de commerce.
Le lac Saint-Pierre
réserve de la biosphère UNESCO
Juste en amont, le fleuve s’élargit en un lac peu profond, reconnu par l’UNESCO en 2000. On y trouve la plus grande héronnière d’Amérique du Nord, et une des grandes haltes migratoires du continent.
Les oiseaux du fleuve
Au printemps et à l’automne, les bandes d’oies passent au-dessus du quai par milliers.
Le port de commerce
Le port travaille encore : les navires de marchandises passent devant la promenade.
Le delta
à l’embouchure
C’est ici que le Saint-Maurice finit sa course, en se divisant autour de ses îles avant d’entrer dans le fleuve.
Quatre millions de tonnes
port de Trois-Rivières, 2023
Plus de quatre millions de tonnes de marchandises sont passées par le port en 2023, des vracs solides pour l’essentiel.
Face au fleuve
La promenade suit l’eau sur toute la façade de la vieille ville, et les bancs sont tournés vers la rive sud.
En fin de journée
Le soleil descend derrière le pont, et le fleuve prend la couleur du ciel.

Le retour
Une recharge, puis la 55 vers le sudPuis on repasse le pont dans l’autre sens, on redescend la 55, et Granby revient au bout d’une heure et demie. Cent trente-huit kilomètres, une ville fondée en 1634, deux musées, une cathédrale, un fleuve et un pont de deux kilomètres et demi. Pour une journée, c’est bien rempli.
138 km
Granby → Trois-Rivières par la 20 puis la 55. Une heure et demie, sans arrêt obligé.
La recharge
Une pause branchée avant de reprendre la 55 vers le sud : de quoi rentrer sans y penser.
Le retour
A-55 puis A-20
Le même trajet à l’envers, le pont dans le rétroviseur. On retrouve les collines des Cantons-de-l’Est à la tombée du jour.
Ce qu’on n’a pas vu
Le sanctuaire du Cap, Boréalis, les Forges du Saint-Maurice : il reste largement de quoi revenir.
Le chemin du retour
A-55 puis A-20
Le pont, Bécancour, Drummondville, puis les collines : le même trajet dans l’autre sens.
La nuit tombe
On rentre à la lumière des phares, la route presque vide devant.