Carnet des White Mountains · l’album complet
la route vers
Mount Washington
De Granby jusqu’au sommet du Mount Washington par la 302 et l’Auto Road, puis retour — le voyage entier, dans l’ordre où on l’a vécu : chaque halte, chaque virage, chaque vue.
Le trajet
Granby → Mount Washington → Granby
Aller-retour dans la journée
La voiture
Rivian R1S
Aller-retour dans la journée
Frontière
tout mène
au sommet
Granby → 105 → 302,
puis l’Auto Road — 7,6 milles.
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Il y a des voyages que l’on planifie pendant des semaines. Et puis il y a ceux qui nous habitent longtemps avant même le départ. Quand le réveil a sonné vers 4 heures du matin, le Québec dormait encore sous un ciel parfaitement dégagé. Les rues étaient désertes, les maisons plongées dans l’obscurité, et au-dessus de nous, des milliers d’étoiles semblaient veiller sur le début du voyage. Le Rivian R1S attendait dans l’entrée. Silencieux. Prêt.
Le trajet
Granby → Mount Washington → Granby
Aller-retour dans la journée
Le départ
4 hLe Québec dort encore, le ciel est parfaitement dégagé.
La saison
Fin octobre : les érables sont au plus fort de leur couleur, et la toundra du sommet a déjà viré au roux.
Le but
1 917 mLe point le plus haut du nord-est du continent, atteint par la route.
À mesure que les premières lueurs apparaissaient, les érables s’embrasaient sous les rayons dorés du soleil levant. Puis vint le Vermont, et la Route 105 East — une route qui semble avoir été dessinée pour ceux qui aiment prendre leur temps. Dans le silence feutré du Rivian, on entendait davantage le monde autour de nous. Le vent dans les arbres. Les feuilles qui dansaient sur l’accotement. On ne conduisait pas simplement à travers le paysage : on en faisait partie.
Le blason
Le pin et les Montagnes Vertes de ses armoiries — le Vermont se dit « Green Mountain State ».
Le panneau
Celui qu’on croise en passant la frontière, sur la 105 East.
L’État
Vermont
« Green Mountain State » · devise : Freedom and Unity
Traversé par la Route 105 East
Un peu plus tard, nous nous sommes arrêtés près de la rivière Nulhegan. C’était l’un de ces endroits dont on n’attend rien de particulier et qui finissent pourtant par devenir un souvenir marquant. L’eau avançait doucement sous la lumière dorée du matin, reflétant les érables rouges et les sapins comme un immense miroir. Pas de foule. Pas de circulation. Seulement le murmure de la rivière et le craquement du bois humide sous nos pas. Le temps semblait suspendu.
La rivière
Nulhegan
24,3 km · affluent du Connecticut
Comté d’Essex, Vermont
Le bassin
La Nulhegan naît d’un étang de Brighton et rejoint le Connecticut à Bloomfield. Son bassin est l’un des coins les plus reculés du Vermont.
Le silence
Pas de foule, pas de circulation — seulement le murmure de l’eau et le craquement du bois humide sous nos pas.
Le bord
Tanaisies rouillées, asters pâles : la rive était en fleurs.
Le miroir
L’eau avançait doucement, reflétant les érables rouges et les sapins.
Chaque virage révélait une nouvelle scène digne d’une carte postale. Des vallées noyées dans la brume matinale. Des montagnes couvertes d’une forêt flamboyante qui semblait s’étendre jusqu’à l’infini. Puis nous avons rejoint la Route 302. Et là, nous sommes tombés amoureux du New Hampshire. On roule lentement, non pas parce que la route l’impose, mais parce qu’on refuse de manquer le moindre détail.
Et puis, finalement, le Mount Washington apparaît. Majestueux. Presque intimidant. Depuis 1861, l’Auto Road permet aux voyageurs de rejoindre son sommet. Douze kilomètres seulement sur une carte. Mais douze kilomètres qui offrent l’une des ascensions routières les plus mémorables d’Amérique du Nord. Dès les premiers virages, la montagne impose son caractère. La pente se redresse. Les panoramas s’élargissent.
Plus nous prenons de l’altitude, plus le paysage se transforme. Les grands érables colorés disparaissent peu à peu. Les épinettes deviennent plus petites. Puis viennent les arbustes rabougris. Et enfin la toundra alpine : un univers minéral balayé par les vents où les couleurs flamboyantes de l’automne cèdent la place aux gris des roches. Au sommet, le spectacle dépasse tout ce que les photos peuvent montrer. Personne ne parle vraiment. Parce qu’il n’y a rien à ajouter. On regarde. On respire. Et surtout, on se sent incroyablement vivant.
Après avoir laissé le vent du sommet derrière nous, nous avons doucement redescendu la montagne. À mesure que nous perdions de l’altitude, les paysages retrouvaient leurs couleurs. Les rochers gris laissaient place aux épinettes, puis aux bouleaux dorés et enfin aux érables flamboyants qui habillaient les flancs de la montagne.
La route
Mount Washington Auto Road
Ouverte le 8 août 1861 · 7,6 milles
Pente moyenne 12 %, jusqu’à 22 % à la fin
Le panneau le dit sans détour : route de montagne étroite et raide, sans glissières de sécurité. La société qui l’exploite s’annonce familiale depuis 1906.
La plus ancienne
1861La plus ancienne attraction touristique construite des États-Unis — ouverte le 8 août 1861, et en service depuis sans interruption.
Le sommet
1 917 m · 6 288 pi
Le plus haut du nord-est du continent
« Agiocochook » chez les Abénakis
Le vent
372 km/hMesurés le 12 avril 1934. Record du monde jusqu’en 1996, et toujours le plus fort vent relevé hors tornade et cyclone.
La brume
60 %La part de l’année où le sommet est dans les nuages — 328 jours en 2023.
Le froid
−1 °CLa moyenne annuelle au sommet. Le minimum relevé : −46 °C, le 22 janvier 1885.
La limite des arbres
Vers 1 340 m : près de 600 m sous le sommet. Au-dessus, environ 65 acres de toundra — le plus vaste massif à l’est du Colorado.
L’observatoire
Fondé en 1932
Habité toute l’année, au sommet.
Sous nos pieds
Par moments les nuages passent plus bas que le stationnement.
La chaîne
Le sommet ouvre sur toute la chaîne présidentielle — des montagnes à perte de vue, et des vallées comme une mer d’automne.
L’autre voie
1869Le train à crémaillère grimpe l’autre versant depuis 1869 — le premier du genre à avoir fonctionné aux États-Unis.
Les couleurs reviennent
Le roc gris cède aux épinettes, puis aux bouleaux dorés, puis aux érables.
La pente
12 % en moyenne
Jusqu’à 22 % dans les derniers mètres — en descente comme en montée.
La limite, à l’envers
On repasse sous les 1 340 m et les arbres reprennent leur taille.
Au pied du Mount Washington, une halte s’imposait. The Glen House, posé face à la montagne, semblait avoir été construit précisément pour prolonger ce moment. Depuis la salle à manger et sa grande terrasse, le regard se pose naturellement sur l’immense silhouette qui domine toute la vallée. À l’intérieur, le bois clair, la pierre et les grandes baies vitrées créaient une atmosphère paisible. Les randonneurs revenaient des sentiers. Chacun semblait ralentir le rythme, comme si la montagne imposait naturellement son calme.
Halte déjeuner
Œufs, rôties et pommes de terre rissolées, face à la montagne qu’on venait de redescendre.
À peine descendus du Rivian, une odeur de forêt humide nous a enveloppés. Un mélange de mousse, de résine, de feuilles fraîchement tombées et de terre noire. Le sentier s’enfonçait doucement sous les grands sapins. Très vite, le bruit de l’eau s’est fait entendre. D’abord discret. Puis de plus en plus présent. Quelques mètres plus loin apparaissait Crystal Cascade. Nous sommes restés là quelques minutes. Sans parler. Simplement à écouter.
Le sous-bois
Un tapis d’aiguilles, des fougères jaunissantes, et des érables de montagne qui éclairent le sol de rouge et d’orange.
L’odeur
Mousse, résine, feuilles fraîchement tombées et terre noire — celle des grandes forêts du Nord-Est.
Crystal Cascade
Une centaine de pieds
En deux paliers · dix minutes de marche depuis le centre d’accueil

Sur le chemin du retour, des paysages magnifiques nous ont accompagnés jusqu’à la frontière. Notamment ce bord d’étang dans un tout petit village dont le nom nous échappe : les nuages s’y reflétaient, créant des miroirs presque magiques. Puis, au détour d’une route, nous avons aperçu des dindons en liberté, se promenant tranquillement sur le bas-côté. Un spectacle inattendu qui nous a rappelé que la nature a toujours ses surprises.
Sur le bas-côté
Des dindons sauvages, tranquilles, en pleine traversée.
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