Carnet Côte-Nord · l'album complet
la route vers
Manic-5
De la sortie de Granby jusqu’au barrage Daniel-Johnson par la 389, puis retour — le voyage entier, dans l’ordre où on l’a vécu : chaque village, chaque halte, chaque recharge.
Le trajet
Granby → Manic-5 → Granby
21 & 22 juillet 2026
La voiture
Rivian R1S Quad Gen 1
4 recharges · CCS
Traversier
tout mène
au Nord
Lire la carte
Granby → 139 → 55 → 20,
jusqu'à Québec — 227 km.

Saint-Augustin, Beauport, la Côte-de-Beaupré, Baie-Saint-Paul, Saint-Urbain : la 138 s'installe le long du fleuve et ne le lâchera plus.
Le panneau touristique annonce la couleur : Route du fleuve, Route des montagnes. On prendra les deux.
Le premier tronçon
227 kmDe Granby à Québec par la 139, la 55 puis la 20.
La 138 prend le relais et longera le fleuve jusqu’au bout.
Premier café de la journée, quelque part avant Québec.
la 138
On la suivra jusqu’au bout.
Sur la route
5haltes avant d’atteindre Charlevoix.
« Route du fleuve,
route des montagnes »
Le panneau de Charlevoix annonce la couleur.
Circuit électrique
La Malbaie, Québec
« À cet endroit, il ressemble déjà davantage à la mer qu'à une rivière. »
Pendant que le Rivian récupérait quelques kilowattheures, nous avons marché au bord de l'eau.
La marée
« La marée pourrait vous surprendre » — le panneau ne plaisante pas : elle découvre puis recouvre la grève deux fois par jour.
On marche sur la grève pendant que la voiture récupère.
9 h 45
Arrivée à la borne de La Malbaie.
1re recharge
35 mnà 218 kW — de 19 % à 80 %.
Le fleuve ressemble déjà davantage à la mer qu’à une rivière.
▶ La traversée, en vidéo
On guette le souffle.
Le navire
Jos-Deschênes II
Nom relevé sur la coque · immatriculé à Québec
« À chaque traversée, on espère toujours apercevoir un souffle de baleine. » Quelques minutes plus tard, nous étions sur le pont, les yeux tournés vers l'horizon.
On guette
Le souffle trahit la baleine avant qu’on ne la voie.
« Le fleuve respirait calmement. »
À marée basse, l'estran se découvre sur des centaines de mètres : on marche là où, six heures plus tôt, il y avait le fleuve.
Sur la grève
Des galets polis par des milliers d’années de marées.
L’estran se découvre sur des centaines de mètres.
Le fleuve respirait calmement.
Marais salés
741, route 138
Passerelles de bois
Observation d'oiseaux
« Les marais vivent au rythme du fleuve. »
Marais salés
249 hade marais salé — le deuxième en importance sur la rive nord du Saint-Laurent, et l’un des meilleurs sites d’observation des limicoles en migration.
Passerelles de bois, et le temps de regarder.
741, route 138
Le centre d’interprétation des marais salés.
Longue-Rive
Biodiversitéde ces grands milieux humides.
Les marais changent de visage selon les heures et les marées.
« L'oie blanche occupe les battures. »
Son quai s'avance loin dans le Saint-Laurent, comme s'il voulait rejoindre l'horizon. Tout au bout, le vent est omniprésent.
« Devant nous, il n'y avait que le fleuve. Immense. Silencieux. Infini. »
Sur le quai
Les sculptures de dinosaures surprennent toujours les visiteurs.
Le quai s’avance loin dans le Saint-Laurent.
Tout au bout du quai, le vent est omniprésent.
des dinosaures ?!
Sur un quai de la Côte-Nord, oui.
« Devant nous,
il n’y avait que le fleuve »
Immense. Silencieux. Infini.
Circuit électrique
Baie-Comeau, Québec
Ville née de l'industrie mais tournée vers la nature : grandes avenues bordées d'arbres, quartiers construits au milieu de la forêt.
Le dernier village avant la 389La recharge
4arrêts de recharge sur l’ensemble du trajet.
Dernier village avant les 200 km de la 389.
18 h 35
Recharge à Baie-Comeau.
2e recharge
38 mnà 173 kW — de 20 % à 80 %.
Baie-Comeau
100 kmrestants en arrivant à la borne.
Grandes avenues bordées d’arbres, quartiers posés dans la forêt.
« La ville refuse de choisir »
Entre développement et nature.
Dernière recharge rapide avant les 200 km de la 389.

Sur la 389
Faune, camions forestiers et réseau intermittent.
Route
Baie-Comeau → Manic-5
≈ 200 km · 3 h
Réseau intermittent, voire inexistant
Stations-service rares
≈ 3 h
Baie-Comeau → Manic-5.
Faire le plein d'électrons avant de s'engager : après Baie-Comeau, plus rien pendant 200 km.
Peu à peu, les villages disparaissent.
Les forêts deviennent infinies, les lacs parfaitement immobiles.
Une route qui semble couper le Québec en deux. Peu à peu, les villages disparaissent. Les forêts deviennent infinies. Les lacs apparaissent au détour des courbes, parfaitement immobiles.
« On croise davantage de camions que d'automobiles. »
Impossible d'y être préparé
Il surgit au milieu de la vallée comme une cathédrale de béton. Immense. Presque irréel. Même les photographies ne réussissent pas à transmettre son échelle.
Hauteur
214 mètres
mesurés depuis la
fondation — dont environ
50 m sous la surface
clic !
Manic 5
Baie-Comeau, Québec
Le barrage
214 mdepuis la fondation — le plus grand barrage à voûtes multiples et contreforts du monde, selon Hydro-Québec.
Fiche technique
13 voûtes
14 contreforts
Le plus grand barrage à voûtes multiples et à contreforts au monde
Visites guidées gratuites, du 15 juin au 31 août.
Ici, le paysage raconte deux histoires.
Un lieu sobre et profondément touchant. Les installations rappellent que ce territoire est celui des Innus de Pessamit depuis des millénaires, et racontent les conséquences qu'a eues la construction du complexe hydroélectrique sur leur Nitassinan.
Celle du génie humain. Et celle d'un territoire habité bien avant l'arrivée des barrages.
Et d'ici, c'est loin de tout
Statue de la Liberté · 1 500 km
Stonehenge · 4 400 km
Christ Rédempteur · 8 900 km
Île de Pâques · 9 854 km
« Demeurez dans l'aire aménagée. »
Du belvédère
Les voûtes s’étirent d’un versant à l’autre de la vallée.
Terre des Innus de Pessamit depuis des millénaires.
Ici, le paysage raconte deux histoires.

Nous nous sommes arrêtés une seconde fois aux Escoumins, sur le chemin du retour, et l’endroit avait complètement changé : la marée était basse, la lumière rasante, et toute la grève était passée à l’or.
« Le fleuve semblait encore plus vaste qu’à l’aller, et le silence était presque palpable. »
Lumière basse
Les galets polis par les marées, éclairés de côté.
Pointe-de-la-Croix
Dressée depuis au moins 1664
Une croix se dresse sur cette pointe depuis au moins 1664 — l’année où le jésuite Henri Nouvel en fait mention à son passage. Il ne l’a pas plantée : elle était déjà là.
La marche
0,5 kmde sentier facile jusqu’à la pointe et au panorama.
« Nous avons marché le long de l’eau, ramassé quelques pierres et pris le temps d’admirer le paysage. »
Quelques galets sont rentrés avec nous.
Iskomin
Le nom est innu : isko, « jusqu’ici », et min, « graines rouges » — ces petits fruits sauvages qui gardaient leur couleur sous la neige.
C’est ici que les pilotes du Saint-Laurent montent à bord, jour et nuit, toute l’année.
Les Escoumins
1 794habitants au recensement de 2021.
Nous avons passé la nuit aux Bergeronnes, un petit village à neuf kilomètres de Tadoussac. Le coucher de soleil sur le fleuve était spectaculaire — et malgré l’attente, aucune baleine ne s’est montrée ce soir-là.
La nuit
Une nuit tranquille sur la Côte-Nord, et la route reprise au matin.
On a guetté
Le fleuve est là, juste en bas — mais ce soir-là il n’a rien montré. C’est le risque, et c’est ce qui rend les autres soirs mémorables.
Les Bergeronnes
619habitants au recensement de 2021.
Cap-de-Bon-Désir
Une ancienne station de phare un peu plus haut sur la côte, où l’eau profonde arrive si près du bord que les baleines passent à quelques mètres des rochers.
Archéo Topo
Le centre d’archéologie du village, ouvert en 1995, raconte la Côte-Nord de Tadoussac à Blanc-Sablon.
Les Basques
Ils chassaient déjà la baleine à l’Anse-à-la-Cave, tout près d’ici, à la fin du XVIe siècle.
Le nom n’est pas innu mais français : Champlain écrivait déjà « les Bergeronnettes » ici en 1626.
Tadoussac est exactement là où le Saguenay rejoint le Saint-Laurent. Un petit village — 814 habitants — à l’histoire démesurée : le premier poste de traite des fourrures de la Nouvelle-France y a été bâti en 1600, huit ans avant la fondation de Québec.
Là où deux rivières se rejoignent
Le fjord du Saguenay s’enfonce sur 105 km, avec des parois qui montent jusqu’à 500 m.
Le nom
Probablement de l’innu totouswk, « les mamelles » — les deux collines rondes et sablonneuses derrière le village. Plusieurs autres lectures coexistent, aucune n’est tranchée.
Avant Québec
1600Le poste de traite de Pierre Chauvin s’élève ici huit ans avant que Champlain ne fonde Québec.
La villégiature
Les « bateaux blancs » de la Canada Steamship Lines déposaient ici leurs passagers, en route vers Chicoutimi.
Les dunes
Derrière le village s’étendent de grandes terrasses de sable, héritées d’un delta glaciaire dégagé il y a quelque 10 000 ans, quand les glaces ont fondu et que la terre s’est relevée.
La Maison des Dunes, une maison patrimoniale restaurée par le parc du Saguenay, en raconte la formation au bout d’un sentier d’environ un kilomètre.
Le seul port
Jacques Cartier y accoste en 1535, mais des pêcheurs basques, bretons et normands fréquentaient déjà la côte avant lui — pour la morue, la baleine et le troc.
Pendant une trentaine d’années, Tadoussac est resté le seul port maritime du Saint-Laurent.
Hôtel Tadoussac
Le bâtiment actuel : 1942
Le premier hôtel datait de 1864 et a été démoli en 1941. La Canada Steamship Lines a bâti celui-ci pour le remplacer, à l’intention des passagers de ses bateaux blancs.
On y est entrés simplement parce que c’est le genre de bâtiment dans lequel on a envie d’entrer.
La chapelle
Bâtie de 1747 à 1750
Dessinée par le jésuite Claude-Godefroy Coquart ; première messe le 24 juin 1750. Parcs Canada la présente comme la plus ancienne église en bois du Québec et du Canada.
Assez petite pour qu’une assemblée pleine y soit une foule.
L’église paroissiale paraît bien plus ancienne qu’elle ne l’est : le bâtiment date de 1962-1965.
1600
Le premier poste de traite de la Nouvelle-France
Pierre Chauvin de Tonnetuit l’a fait bâtir là où se dresse aujourd’hui l’hôtel. Ce qu’on visite est une reconstitution fidèle — les fondations d’origine n’ont jamais été authentifiées.
CIMM
Centre d’interprétation des mammifères marins
Ouvert en 1991 par le GREMM, il abrite la plus grande collection de squelettes de baleines au Canada — dont un cachalot de 13 m.
Les fanons
Pas des dents : un peigne à travers lequel l’animal filtre sa nourriture.
Pourquoi ici
À l’embouchure du Saguenay, le fond remonte de plus de 300 m à moins de 25 m. L’eau froide et riche remonte avec lui — et les baleines suivent.
Le béluga
Le seul cétacé qui vit dans le Saint-Laurent toute l’année. Il en reste environ 1 850 (estimation de 2023), et la population est désignée en voie de disparition.
Pointe de l’Islet
Une boucle de 1,3 km
Vingt minutes de marche depuis le quai, et l’un des rares endroits où guetter les baleines en gardant les pieds au sec.
À l’Emportée
L’arrêt boulangerie avant de remettre le cap sur Québec.
Tadoussac
814habitants au recensement de 2021.
La Canadienne
Le 1608, créé en 2008 pour le 400e de Québec, a longtemps été fait au lait de vache Canadienne — la seule race laitière née en Amérique du Nord, déclarée patrimoniale par l’Assemblée nationale en 1999.
Le dernier troupeau a quitté Charlevoix à l’automne 2023. Depuis, le fromage est fait au lait de Holstein. Il reste environ 400 femelles de race pure au Québec.
Retour sur l’autre rive en traversier, puis descente vers Charlevoix. Nous nous sommes arrêtés à la Laiterie Charlevoix — une laiterie restée dans la même famille depuis 1948, qui fabrique aujourd’hui quelques-uns des fromages les plus connus du Québec.
Depuis 1948
Fondée par Stanislas Labbé et Elmina Fortin. La quatrième génération est aux commandes.
Ce qu’on y fait
Des cheddars, et les trois qui ont fait sa réputation : l’Hercule, Le 1608 et Le Fleurmier.
Il y a un économusée du fromage sur place — on assiste à la fabrication et on voit le hâloir où les meules vieillissent.
L’Hercule
Le fromage porte le nom de Jean-Baptiste Grenon, « l’Hercule du Nord », né en 1724 et marié ici même, à Petite-Rivière-Saint-François, en 1748.
La légende lui prête d’avoir terrassé un ours à mains nues et remplacé son cheval pour gravir les côtes de Baie-Saint-Paul. Sa meule, elle, pèse douze kilos.
Le dîner s’est pris à Baie-Saint-Paul, au fond d’une vallée qui est aussi le fond d’un cratère. On a flâné dans les rues, regardé les galeries, dégusté de l’hydromel et très bien mangé.
Un village de peintres
depuis 1860Clarence Gagnon, A. Y. Jackson, Jean-Paul Lemieux et René Richard y ont tous travaillé.
Le symposium
1982Créé par Françoise Labbé, il réunit chaque année des artistes qui peignent en public, sur place.
Le musée
Le Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul a reçu son statut muséal en 2008. La ville se présente comme celle qui compte le plus de galeries au Canada.
Galerie d'Arts
Le cratère
Environ 450 millions d’années
Toute la vallée est posée dans une structure d’impact météoritique d’environ 54 km de diamètre. Son pic central est le mont des Éboulements, 768 m, vers l’est.
Baie-Saint-Paul
7 371habitants au recensement de 2021.
Tout Charlevoix est réserve mondiale de la biosphère de l’UNESCO depuis 1988.
Entre fleuve et montagnes
Le village tient dans une vallée étroite, à l’embouchure de la rivière du Gouffre : le fleuve d’un côté, les montagnes de l’autre — et ces montagnes sont le rebord du cratère.
Sur la route
Le premier circuit agrotouristique du Québec, né au milieu des années 1990. La Laiterie Charlevoix en fait partie.
Hydromel
Fait au village à partir des ruches de Charlevoix — la première hydromellerie de la région, ouverte depuis 2021.
Encore une chose
Les artistes de rue qui ont donné naissance au Cirque du Soleil ont commencé ici, en 1980. La compagnie elle-même a été fondée quatre ans plus tard.
et on reprend la route
Il restait Québec, puis la 20, puis la maison.
À Tadoussac, les maisons blanches aux toits colorés s'accrochent toujours au relief. Quelques heures plus tard, Baie-Saint-Paul nous accueillait avec ses galeries d'art et cette lumière si particulière.
« Le Rivian poursuivait sa route dans un silence presque irréel. »
Circuit électrique
Halte routière Villeroy, Québec
Bilan
4 recharges
1 h 56 de charge en tout
2 jours de route
11 étapes
De retour à la maison.
« Le barrage n'était qu'un prétexte. »
Le véritable voyage s'était trouvé entre chacun de ces arrêts, entre le fleuve et la forêt, entre les villages et les grands espaces.
L'immensité de ce que nous avons la chance d'appeler chez nous.
De retour
2jours de route, et le fleuve du début à la fin.
On rebranche une dernière fois à Villeroy.
km 0
Retour au point de départ.
Partagez cette page